Laissez moi vous raconter une histoire. Comme on les raconte aux enfants. Sans les « il était une fois ». Et alerte spoiler: ceci n’est pas une conte de fée. Si vous voulez un happy ending, allez voir ailleurs. Ici, c’est un peu la vie, the real. Ça finit toujours mal!(ça dépend, toutefois, de comment vous concevez la mort)

Ça commence par la fin. Un suicide. Suicide d’une balle? Par la pendaison? Se noyer comme Virginia Wolf? Ou tout simplement rester en Haïti?

Ce texte ne parlera pas de politique, ni du pays, veuillez donc ne pas lire la dernière phrase.

On l’a retrouvé qui se noyait dans son sang. Elle s’était ouverte les veines. Il parait que c’est la meilleure façon de se suicider. On dit qu’on part doucement. Légerement. Ce serait comme s’endormir. Pour de vrai. Pour ne plus avoir à se soucier de son alarme pour se lever demain… Ce qui choquait tout le monde c’était pas le suicide en soi. C’était que la veille, elle faisait la fête avec toute sa bande. C’était donc vrai, la dépression ne se lit pas sur le visage des gens. Tous, toutes ils/elles se demandaient comment ils/elles ont fait pour rater cela. Ne pas avoir remarqué qu’elle était malheureuse, à bout de force. Qu’elle s’éteignait doucement malgré les éclats de rire. Elle était pourtant celle qui réconfortait. Celle qui redonnait force. Qui redonnait foi en demain…
Elle est partie sans donner d’explication. Sans lettre d’adieu. Ça aussi ça doit être dur pour ceux qui sont restés.
Un pourquoi laissé sans réponse. Pourtant, elle avait raconté à sa famille cette fois où son oncle l’avait violée. Personne n’a accordé de crédit à cette fillette de 12 ans qui disait que son oncle l’abusait. Cet oncle, le chouchou de la famille. Le diaspora qui ne rentrait que chaque été pour passer que deux semaines avec sa famille chérie. Cet oncle bienveillant qui payait les frais de sa scolarité. Quelle petite ingrate, celle là!
10 ans plus tard, Elle avait eu le courage de se confier à son petit ami. Il a rompu pour cela. Était-elle donc impure? C’était quoi en vrai le motif de rupture?
C’est quoi cette société, se demandait-elle. Pourquoi est-ce toujours la faute à la victime? Trop jolie? Trop sexy? Robe trop moulante? Elle portait un string?
Dois-je vraiment rappeler qu’à l’époque elle n’avait que 12 ans?

Ça n’a aucun rapport, mais une fois, on m’a braqué. Environs 6 gars ont pointé leurs armes sur moi. Presqu’à chaque fois que je raconte l’histoire, on me demande où est-ce que j’étais? Qu’elle heure il était? Mais bon sang, c’est quoi le rapport? On m’a braqué. Rien ne peut le justifier. Vous avez pigé? Qu’elle heure il était, ce qu’elle portait… Rien ne peut justifier un viol…

On avait du mal à croire son histoire… Elle sombrait et personne ne remarquait qu’elle sombrait. Il y avait pourtant des cris de détresse en silence… elle était à bout de force. Parait que c’est cela la dépression: avoir été fort(e) trop longtemps et être à bout de force… Elle est partie dans son bain, devenu rouge à cause de son sang. Rouge comme le verre de vin auprès d’elle. Si personne n’avait compris son existence pourquoi s’emmerder à écrire une lettre pour expliquer sa mort?


Pour toutes ces larmes masquées par les plus beaux sourires du monde…

Pour Fed’…

Jour meilleur, Orelsan… « On en rira quand on le verra sous un jour meilleur.. »

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