Amnésie

J’aime bien écrire un verre à la main. Je concois, parfois, ces textes écrits sous l’emprise de l’alcool comme des « drunk messages » qu’on enverrait à un(e) copain(ine), un(e) crush ou un ex. Un texte rempli d’émotions et surtout d’incohérences. Ces fois là, je me vois comme l’un de mes auteurs préférés qui a écrit tout un receuil de nouvelles sous l’emprise de l’ecstasy. C’est un génie, Frédéric Beigbeder(Nouvelles sous ecstasy, Gallimard 1999).
La vérité sort de la bouche des enfants et des alcooliques. Ou de n’importe qui sous l’emprise de n’importe quelle drogue.
Ce soir, j’écrirai peut-être rien de vrai. J’écris ce texte en buvant du thé.

Je bois du thé parce que j’ai ce souvenir avec l’alcool qui a chaque fois que cela remonte, ça me laisse perplexe. Un genre de traumatisme. Laissez moi vous expliquer.
J’étais chez un ami. Nous étions nombreux à être là. Une grande fête. Il y avait les amis, les amis des amis, les amis des amis des amis etc.. Au final, il y avait plus d’inconnu(e) s que de potes. Mais c’était la fête. On s’en foutait de ça. Vous avez déjà prêté attention à quel point l’alcool et la débauche unissaient ? Nous étions là à boire, à discuter, à danser, à rigoler pendant que nous ignorions même les prénoms de nos interlocuteurs(ices)? Il pleuvait l’alcool ce soir là. J’étais dans mon coin parce que, généralement, je suis un grand timide introverti. Je buvais du rhum quand elle s’approcha de moi, deux bouteilles de bières à la main. Elle me regarda, me fit un sourire… Encore aujourd’hui, je me demande lequel entre un ange ou un démon, j’ai cru apercevoir dans ce sourire. Elle me fit ce sourire d’ange-démon, me prit mon verre, bu le reste du contenu et me dit: il n’y avait plus de rhum. Alors si on doit être deux à boire ensemble, on boit la même chose. Puis me tendit une bouteille de bière.
J’étais pourtant à ce moment de la fête où l’on envisage sérieusement de rentrer chez soi parce qu’on a déjà trop bu. Ce genre de moment où l’on hésite un peu parce qu’on sait pertinemment qu’on a trop bu et qu’on est pas sûr qu’on saura conduire pour rentrer en toute sécurité.
Pourtant, je lui ai répondu à son sourire ange-démon tout en prenant la bouteille qu’elle me tendait.

  • Moi c’est Samuel.
  • À quoi bon se présenter ? Demain on ne s’en souviendra même pas.

Elle doit être genre une prophétesse, l’une des trois soeurs… Parce que le lendemain nous sommes réveillés nus, dans une chambre d’hôtel. Elle était sur le lit et moi sur le canapé en face. Ça c’était bizarre. Comment étions nous arrivé là ? Il y avait les clés de ma voiture sur une petite table et nos vêtements étaient par terre. Ai-je pu conduire ? J’essayais de me remettre les idées en place quand j’entendis sa voix: ah ! Petit pervers ! Tu mates mes seins !

  • Mais non ! Désolé, balbutiai-je sans être convaincant.
  • Où sommes nous ?
  • Dans un hôtel, j’imagine.
  • Et comment nous sommes arrivés là ?
  • Tu t’en souviens pas non plus ?
  • Non. On a baisé ?
  • J’en sais rien. J’ai un trou vide.
    Et elle me regarda avec ce même sourire ange-démon_ ça, je m’en étais souvenu_ et me dit : nous sommes là, non ? Autant en profiter. Et puis de toute façon, c’est sûr qu’on l’a déjà fait. Autant en créer un souvenir.

J’ai failli hésiter. Mais paraît que s’envoyer en l’air ça aide à dissiper la gueule de bois.

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